The hearing aid aiming to change the lives of millions | Sounduct | S4
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Ordonnés chronologiquementBonjour.
Je suis Olivier.
Et je suis Jean-Philippe.
Ce qu'on vous propose, c'est de nous aider à faire entendre 430 millions de sourds et malentendants dans le monde.
Et pour cela, nous vous demandons 500 000 euros en échange de 5% de notre capital.
Ah oui.
Le projet est né d'un besoin personnel, intime.
Mon père était en train de perdre l'audition, puisqu'on a une maladie fémbiale qui fait qu'on perd l'audition, à une opération qui a échoué.
Donc il a perdu totalement son oreille.
S'en est suivi tout ce qui est compliqué psychologiquement pour lui, professionnellement, économiquement.
C'était un vrai trauma pour la famille.
Et à ce moment-là, moi, je me suis juré de trouver une solution.
Il y a à peu près 7 ans, je me suis remis avec mon fer à souder sur une piste d'idées et mon père comme cobaye pour bâtir le tout premier prototype.
Alors de mon côté, j'ai rejoint Jean-Philippe il y a quelques années après avoir justement testé le premier prototype parce que mon beau-père est malentendant profond et pour lui aussi les appareils classiques ne fonctionnent pas.
D'ailleurs, ici même, tous les plus de 20 ans, nous sommes déjà concernés par la surdité.
Pourquoi?
Parce qu'en fait, la première pathologie, la presbyacousie, c'est tout simplement le vieillissement cellulaire de l'organisme.
C'est inéluctable.
Et pourtant, vous avez la très grande majorité des malentendants qui n'est pas équipée.
Alors pourquoi?
Premièrement,
Parce que les appareils coûtent cher.
Deuxièmement, ce sont des solutions oppressantes parce qu'elles bouchent le conduit auditif ou parce qu'elles sont invasives avec les implants.
Il y a aussi des problèmes d'hygiène avec le sérum humain.
Ce sont des solutions qui sont inefficaces sur certaines pathologies ou alors enfin, elles sont limitées dans certains environnements comme les environnements bruyants du type restaurant ou repas de famille.
La conséquence...
c'est que près de 15% des malentendants sont mécontents au point de laisser leurs appareils dans les tiroirs.
S'il y en a 15% qui les laissent dans les tiroirs, c'est justement parce que ça ne fonctionne pas.
L'idée, c'est de restaurer l'audition et pas juste amplifier.
En fait, les principes actuels sont des cornets acoustiques qui ont été miniaturisés et on crie plus fort dans l'oreille.
C'est juste ça.
Là, on va passer par la conduction osseuse.
Donc, entendre ne passera plus par l'oreille avec un objectif de rendre une audition complète et de traiter des pathologies qui ne peuvent pas actuellement avoir de solution.
Le tout en étant sans opération.
Alors chez Sunduck, nous avons déjà réalisé avec succès plus de 60 tests en interne sur des pathologies des plus courantes aux plus complexes.
On a d'ores et déjà déposé les demandes officielles de premier essai clinique et nous visons le marquage FDI et le marquage ECE d'ici fin 2024.
Donc l'enjeu, c'est que de Paris à Tokyo à San Antonio, un sourd, ça fonctionne pareil, un crâne, ça fonctionne pareil.
L'objectif, c'est de faire de SoundDuck la première marque d'appareils auditifs fabriqués en France, vendus dans le monde entier.
Alors comment vous avez réussi ce petit miracle?
Ça, on n'a pas compris.
Par une intuition.
Ça existe depuis longtemps, la transmission de son à travers les os.
Il y a des casques pour écouter la musique à travers les os, des oreillers qui envoient dans l'épaule et on entend dans la tête.
Sauf que ça ne fonctionne pas sur un son.
Ce que dit Marc, c'est que vous êtes appuyé sur des choses qui...
En fait, le système était prouvé.
Par contre, il fallait l'améliorer.
C'est-à-dire qu'il fallait qu'il soit portable, il fallait trouver les points de fixation, les points d'adhésion, là où c'est l'optimum du son pour que la transmission se fasse parfaitement.
Et là, en fait, on enrobe tout le dispositif.
Et en termes de coût, par rapport à un système plus classique, on se situe comment?
Alors, on a un objectif que le produit vendu, qui va être très haut de gamme, soit au prix moyen du marché.
Donc, en l'occurrence, le prix moyen du marché en France, il est de 1500 euros.
Ça, c'est remboursé par la Sécu?
Alors, en France, effectivement, il y a une prise en charge sécurité sociale et mutuelle à 100% sur les appareils entrée de gamme et un peu moins importante sur les appareils plus haut de gamme.
Juste que je rappelle pour les gens qui ne connaissent pas ce métier-là, c'est des dispositifs médicaux.
Pour pouvoir les installer sur des patients, il faut passer par des professionnels.
Ces professionnels sont des audioprothésistes.
Le deuxième problème, c'est qu'il y a très peu d'audioprothésistes qui sortent des écoles, donc ils sont extrêmement rares sur le marché.
Et les gens qui les achètent sont les grandes chaînes d'optique qui sont toutes passées à l'audio.
Donc, pour arriver sur un marché avec votre appareil, il va falloir convaincre les gens qui ont des audioprothésistes d'intégrer ce produit dans leur catalogue et remplacer les produits.
Pour que les gens comprennent le chemin de croix que c'est de faire.
agréer le produit, de le faire rembourser, c'est pour ça que je rebondis sur cette question, de le faire certifier et de le faire distribuer par des professionnels de santé qui sont en pénurie.
Donc une fois que vous avez dit ça, vous comprenez que la question qui se pose, c'est comment on fait ça avec 500 000 euros?
Alors, 500 000 euros...
C'est un élément parmi une levée de fonds un petit peu plus importante.
Nous avons déjà fait des levées de fonds, apporté des capitaux, obtenu des subventions publiques.
Combien?
Alors, entre les fonds que nous avons déjà levés, la dette que nous avons levée auprès de la BPI et des subventions, nous avons déjà 2 millions d'euros.
Mais notre besoin, il est effectivement plus important.
Avec 500 000 euros, on ne fait pas grand-chose.
Je me permettais la question.
On est deep tech.
En fait, on est dans une innovation de rupture.
Et on est catégorisé comme tel par la BPI pour vous donner un ordre d'idée.
C'est les chiffres officiels français de la BPI.
Les deep tech en santé qui produisent elles-mêmes, il y en a 60 en France.
Vous visez un prix de vente de 1500 à produire en France, vous estimez ça à combien?
Le coût de fabrication, matière première, composants, etc.
On est à peu près à un peu plus de 130 euros.
Alors, sachant que le prix moyen de 1500 euros, c'est le prix de distribution de l'audioprothésiste.
Nous, on va le revendre à l'audioprothésiste à un prix d'environ 500 euros.
Une fois qu'on rajoute tous les coûts, charges fixes, coûts de production, locaux, etc., on est sur une marge nette d'à peu près 24%.
24% dans du hardware.
De marge nette dans le hardware, ce qui correspond au standard de marché dans l'audition.
Putain, c'est faible.
Pour vous donner un ordre d'idée, les groupes cotés dans l'audition,
On parle de 5 à 20 milliards de valorisation.
C'est un marché qui est considérable.
On l'a dit tout à l'heure, il va quasiment doubler dans les 20 ans qui viennent.
Je retiens que vous vendez à 500 euros ce qu'ils vendent à 1500.
Donc finalement, c'est pas mal comme métier d'autoprothésiste.
C'est peut-être là qu'il faut investir.
C'est ça.
On se rend compte quand même que la répartition de valeur, vous, vous inventez quelque chose, vous investissez sur des années, etc.
Et puis après, finalement, la marge, elle est prise par quelqu'un qui, juste, est en face du client.
Alors, il n'est pas juste en face du client.
Il règle.
Il ne fait pas que régler.
Il conseille aussi le patient.
Le patient, ce n'est pas un client.
Il faut adapter le dispositif à la pathologie du patient, voire aux multiples pathologies qu'il peut avoir.
C'est effectivement des réglages, mais un accompagnement dans le temps.
Parce que le plus souvent aussi, les malentendants, et c'est aussi un motif d'insatisfaction, ils ont besoin de retourner très souvent, aussi bien au moment de l'appareillage que dans le temps, chez l'audioprothésiste pour se les faire régler.
Parce qu'avec cette fameuse presse bien cuite, vous perdez...
Et ça, c'est pas refacturé.
D'accord.
Donc il y a un accompagnement qui n'est pas refacturé.
Exactement.
J'avais une question, moi, l'actionnariat.
Donc vous avez dit, vous avez fait une levée, c'est ça?
Deux levées, oui.
Il y en a deux.
Et donc, ça se passe comment maintenant?
Vous avez combien de pourcentages?
Entre Jean-Philippe et moi, on a à peu près 84% du capital.
84?
À peu près.
Les 16% restants sont entre les mains de quelques actionnaires qu'on compte sur les deux mains, avec essentiellement trois gros investisseurs.
Par an, vous perdez combien d'argent?
Parce qu'on a compris que vous ne gagnez pas d'argent et c'est normal.
Mais combien vous perdez?
J'imagine que ça se chiffre en millions quasiment.
Non, non.
En fait, on a actuellement un burn rate.
Environ 60 000 euros par mois.
Ah bon?
Oui.
Donc dans vos projections, on parle de 720 000 euros de pertes.
On sera quand à l'équilibre?
On atteint l'équilibre dans nos projections à la fin du premier semestre 2025.
D'accord.
Ce qu'on n'a pas précisé également et ce qui est important aussi à comprendre, là on parle d'une pathologie où en moyenne, les patients vont renouveler leur équipement tous les 4 ans et demi à peu près.
Là, on a un enfant par exemple.
Est-ce que le produit, il est pensé pour les enfants?
Il est pensé pour la vie de tous les jours d'un adulte, pour être tout à fait honnête, au début.
Par contre, on a mis des coloris qui sont plus gais que le beige et le gris pour les enfants, parce que c'est aussi un élément important.
À partir de quel âge pour les enfants?
On dit que l'âge de raison, c'est 7 ans.
Mais évidemment, le procédé fonctionne avant.
Moi, j'ai testé il y a quelques temps une petite fille qui, malheureusement, est née au moment du premier confinement.
À ce moment-là, ils ne faisaient pas les tests habituels de détection de la surdité.
Et ils se sont rendus compte qu'à peu près deux ans après, en fait, c'est le personnel de crèche dans laquelle il était, ils se sont dit, elle n'interagit pas, il y a peut-être un petit sujet, allez voir les médecins.
Et là, ils se sont rendus compte qu'en fait, elle n'entendait pas.
Donc du coup, elle n'oralisait pas.
Elle a pris un retard de développement.
Quand j'ai testé le dispositif sur elle, tout de suite, elle a les yeux qui sont levés au ciel.
Elle a commencé à pouffer de rire, etc.
Et ça, on en revient sur ce côté humain et impalpable.
Bien sûr, bien sûr, bien sûr.
Ok.
Bon, qui se lance?
Beau combat, c'est une vraie mission qui va être compliquée à mon sens, mais la deep tech est très soutenue en France.
À mon avis, vous êtes sur une grosse vague et vous allez pouvoir être soutenu très fortement.
Maintenant, moi, vous ne m'avez pas embarqué.
Ce n'est pas mon expertise.
En plus, je ne pense pas avoir grand-chose à vous apporter.
Donc, pour ces raisons, je vais passer.
Mais évidemment, comme tout le monde, j'imagine sur cette ligne, je souhaite et j'espère que votre projet sera mené à bien.
Vous êtes tout indiqué pour apporter cette solution au monde.
Merci.
Merci.
Moi, je pense que, effectivement, comme tout le monde, que la mission est belle, que l'ambition est très forte.
J'ai bien aimé votre duo.
Clairement, on sent que vous maîtrisez votre sujet.
Et donc, ça donne envie quand même d'y aller.
Mais j'y connais tellement peu et j'ai tellement écouté Marc qui a l'air de s'y connaître énormément.
Moi, je ne suis même pas au quart du dixième du niveau de Marc.
Globalement, je suis incapable évidemment de mesurer si votre produit correspond à l'objectif que vous visez.
Je n'y connais pas grand-chose.
Moi, j'ai une règle assez simple, c'est d'investir dans des boîtes dans lesquelles je pense pouvoir comprendre le business et donc pouvoir anticiper ce qui va se dérouler.
Donc, il faut quand même essayer de comprendre quelque chose et penser qu'on va pouvoir vous apporter.
Raison pour laquelle je vais décliner.
Je trouve que c'est génial ce que vous faites.
J'espère que vous allez avoir toutes les choses qu'il vous faut pour pouvoir justement commercialiser le produit.
Après, mettre 500 000 euros dans un business où il n'y a que 5% à prendre, j'ai l'impression que je n'aurais pas une grosse valeur ajoutée.
Je ne me sens pas d'y aller pour aussi peu de pourcentage.
Donc moi, c'est la raison pourquoi je ne vais pas y aller.
Je n'ai pas été très bavarde parce que je me trouve très touchée par la mission.
Ayant une mère qui est née aveugle, ils se sont rendus compte très tard qu'elle n'avait pas la vue.
Donc j'ai cette sensibilité de ce que vous racontez, de voir qu'un handicap, parce qu'on n'a pas forcément besoin d'avoir une canne pour avoir un handicap.
Donc du coup, c'est vrai que j'ai pris beaucoup d'informations depuis tout à l'heure.
Et vous avez une mission qui est incroyable.
Je crois que vous êtes calibré pour y aller.
Mais concrètement, moi, je ne peux pas vous apporter quelque chose, contrairement effectivement à Marc.
Je ne me sens pas d'y aller sur ce projet.
Donc, ce sera sans moi, je ne vais pas y aller.
Alors là, franchement, c'est super compliqué.
J'allais vous dire, pour une fois, je ne vais pas mettre une casquette d'investisseur perso où je mets mon pognon, mais d'investisseur professionnel.
Tout le monde l'a soulevé, la mission, elle est extraordinaire.
Vous la portez, vous avez une histoire personnelle.
Il y a un truc dont on n'a pas parlé, qui est un point extraordinaire pour vous, c'est que le marché de la surdité, il explose.
Il explose parce que les gamins, et même les moins gamins, ont écouté la musique trop fort toute leur vie et qu'un jour, ils auront des problèmes de surdité au même titre que la myopie, puisque les gamins lisent leur téléphone comme ça, ils sont tous myopes.
Donc, c'est des marchés qui, malgré tout ce qu'on peut en penser, en termes économiques, vont grossir.
Donc, vous avez deux énormes points, une belle mission sur un marché explosif.
Donc, c'est déjà extraordinaire.
Les points négatifs, entre guillemets, d'abord, tout le monde sait que le hardware, c'est extraordinairement compliqué.
Vous le combinez au fait que c'est dans un marché médical, régulé, donc vous rajoutez une deuxième couche monstrueuse de difficultés, mais ça, vous l'avez intégré.
Et je pense que vous avez oublié un truc.
Qui fait que je ne crois pas une seconde dans votre business plan.
Vous ne pouvez pas dire je sors des tests, j'ai le CE, j'installe.
Non, parce que les 10 000 premiers patients, ce sera des cobayes et ils vont vous remonter des tonnes de problèmes que vous n'avez pas envisagés.
Et si vous faites l'impasse sur ça, vous allez les vendre et puis vous allez les rappeler pour les remplacer parce qu'il y a eu un problème.
Donc vous êtes sur un projet extraordinaire.
d'inermement difficile.
Ça va être le projet d'une vie.
Et prenez-le comme ça.
Prenez votre temps.
Entourez-vous des bonnes personnes.
Vous allez trouver des gens qui, eux, une fois qu'ils ont entendu ça, ils disent« c'est pas grave».
Ça va juste être plus long, plus compliqué, mais on y croit et on veut le faire.
Moi, ce n'est pas mon cas parce que j'ai choisi une autre cause.
J'ai financé en tout premier investisseur des robots pour faire marcher les gens qui ne pouvaient plus marcher.
Donc, c'est le même univers, c'est du hardware, c'est fait en France et c'est une mission de faire remarcher des gens handicapés.
Donc, moi, ma mission, je l'ai déjà choisie.
Mais ne vendez pas trop du rêve dans cet univers-là parce que vous allez faire beaucoup de déçus, à commencer par vous-même.
Merci en tout cas de nous avoir conseillé.
On va vous suivre, bon courage, on espère que ça va fonctionner.
Baissez pas les bras et explosez tout.
Merci, à bientôt.
Merci, à bientôt.
C'était un long combat.
Au moins, t'as été honnête, Marc.
T'as été honnête.
Sinon, je dis rien.
Je dis non, j'ai pas la mission.
Là, tu vas pour la mission, Thierry.
C'est la mission qui doit te porter.
Ouais, mais la mission, ça te porte au début.
Toi, au bout de 12 ans, quand tu peux pas inviter ta famille en vacances, pas bouffer...
Je suis d'accord avec toi, Thierry.
La mission, ça écoule les 3-4 premières années.
Puis après, t'as des résultats qui arrivent.
Tu te dis, je me suis sacrifié, ça paye.
Quand c'est 10 ans après les pattes...
Non, non, une vraie mission sur la santé, ça dure une vie.
Est-ce qu'ils sont prêts à sacrifier leur vie?
Oui, ils le font.