Scanning a Grave to Relive Memories? | Requiem Code | QVEMA
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Ordonnés chronologiquementSon projet sur la mort a l'ambition de changer sa vie.
Bonjour.
Ça peut être surprenant, comme c'est nous.
Non, tu peux, à peine.
Mais contrairement à ce que vous pouvez penser, je suis plutôt là pour vous parler de la vie et pas vraiment de la mort, en fait.
Je m'appelle Lilian Delaveau, j'ai 26 ans et j'ai créé Requiem Code, le premier service qui permet de créer des hommages en réalité augmentée pour nos défunts.
D'ailleurs, j'ai oublié de vous dire que je vous proposais de nous rejoindre, de rejoindre l'aventure pour 40 000 euros à hauteur de 10% du capital social.
Normalement, dans la pièce, on a tous déjà été confrontés au moins une fois au décès d'un proche.
C'est une épreuve, ça fait partie du deal qu'on a avec la vie.
Mais la vraie question, c'est qu'est-ce qui reste après?
Qu'est-ce que la personne qui est partie a laissé dans notre vie comme trace?
Est-ce que cette plaque ou ces pierres tombales, est-ce qu'elles rendent fidèlement ce que cette personne a représenté pour nous?
Même si elles sont très jolies.
Il m'a semblé que non.
Il m'a semblé qu'il manquait un truc crucial, et c'est vraiment de l'ordre du vécu de la personne, de qui elle était vraiment.
Son sourire, son rire, ses expressions.
Du coup, avec Requiem Code, on a essayé de réinjecter, paradoxalement, du vivant dans les hommages qu'on rend aux morts.
Pour ça...
Il faut un petit code, un peu comme celui-là, et un téléphone.
avec notre application pour scanner le Dicode.
Je vais vous montrer.
C'est une vraie cliente ou...
C'est une actrice pour des raisons de...
Vivez tous votre vie intensément, passionnément.
Et là où je suis maintenant, je vous embrasse très fort.
Et je vous redis, je vous aime très fort.
Ces vidéos-là, elles peuvent être choisies par la famille au moment des obsèques, qui va choisir un souvenir signifiant, qui a du sens.
Ça peut aussi être effectivement, pour les plus de 45% de Français qui préparent leurs obsèques à l'avance, l'occasion de laisser soi-même un message, un témoignage, peut-être une conclusion sur la vie qui a été vécue.
Alors, comment est-ce qu'ensuite on fait pour faire en sorte que les familles ou les personnes puissent avoir accès à Requiem Code?
L'idée pour nous est assez simple, c'est d'aller adresser les 10 000 agences de pompes funèbres en B2B, en redistribution, pour qu'elles le proposent à leurs clients et aux familles.
Aujourd'hui, la V1 du produit, elle est réalisée.
On a déjà commencé notre stratégie commerciale et de communication qu'on a financée nous-mêmes jusqu'à présent.
Et ce qui va nous manquer pour commencer à adresser ces gens, c'est un peu le coup de starter là-dedans.
Ce qui va nous manquer, c'est notamment une machine, qui n'est pas excessivement chère, c'est 10 000 euros, pour imprimer ce genre de code de bonne qualité et avec les matériaux qu'on veut, parce que ça reste quelque chose d'assez important et qui doit être un bel objet.
Vous avez quoi comme formation pour vous être lancé dans cet univers de la mort qui n'est quand même pas super commun comme terrain de jeu?
Moi, j'ai une formation ingénieur, centrale supélec en l'occurrence.
Ce qui s'est passé, c'est qu'il y a un peu plus d'un an, j'ai fait un truc très simple qui arrive malheureusement à beaucoup de gens de mon âge.
J'ai enterré mon grand-père.
Et il s'avère que mon grand-père, il avait deux caractéristiques très simples.
Il avait un rire exceptionnel et il avait des tas d'anecdotes.
Et au moment de l'enterrement, j'avais face à moi une tombe et elle n'avait pas de rire et aucune anecdote.
Et je me suis dit, merde!
C'est vraiment cette expérience-là qui m'a fait dire, il y a peut-être quelque chose à faire.
Et avec mon œil d'ingénieur, je me suis dit, OK, je pourrais peut-être commencer à envisager certaines technos, etc.
Et peu à peu, on est arrivé à Requiem Code.
Je vous invite, si vous le souhaitez, à voir un autre genre d'expérience qu'on a sur ce plateau-là.
Non, ça marche.
Moi, j'aime bien les trucs glauques.
Vas-y, je ne me sens pas bien.
Au revoir, jeune.
Allez, salut.
Salut.
Donc, d'autres genres d'expériences qu'on peut créer potentiellement, si ce n'est pas de l'hommage direct, c'est peut-être des choses qui avaient du sens pour la vidéo.
Tiens, je t'invite à prendre le téléphone et à scanner.
Donc, tu te rapproches bien.
Hop.
Voilà, donc souvenir, témoignage ou simplement une scène 3D.
Ok, super clair, merci.
Merci.
Est-ce qu'il y a un code pour accéder ou c'est accessible à tout le monde?
Par exemple, moi je vais sur la tombe d'un mec que je ne connais pas, je peux voir ses souvenirs de vacances?
Alors c'est au choix de la famille ou de la personne, en l'occurrence.
Moi, ma vision personnelle, c'est que ça devrait avoir la même valeur que ces choses-là.
Ce qu'on met dessus, ça devrait être visible parce que ça casse quelque chose, je pense, par rapport peut-être au silence froid systématique du marbre.
Par contre, on comprend que les familles peuvent avoir besoin d'un code d'accès.
Donc tu peux mettre un code d'accès, c'est jouable?
Oui, c'est tout à fait jouable.
Quel est le business model?
C'est quoi en fait?
Vous vendez finalement des plaques?
L'idée, c'est que nous, aujourd'hui, on vend le service, c'est-à-dire la plaque en tant que telle, la petite plaquette, le code, avec ce qu'il faut pour l'accrocher sur les supports.
Et on la propose à 99 euros.
C'est du one-shot.
Aujourd'hui, on a une quarantaine de pompes funèbres qui sont intéressées pour distribuer le produit.
Est-ce que tu as des chiffres derrière toutes ces promesses?
Parce que le marché a toujours raison et il y a beaucoup de très bonnes idées qui n'ont jamais trouvé de clients malheureusement.
Des chiffres sur Equiemcode, je ne peux pas vous en donner.
Je fais 0€ de chiffre d'affaires jusqu'à présent parce que je suis au démarrage.
Si tu n'as pas de chiffres, est-ce que tu as un peu des...
Est-ce que tu as des métriques ?
Est-ce que tu as fait des sondages?
Est-ce que tu as posé des questions dans la rue à des gens au hasard?
C'est ce genre de chiffres qui pourraient aussi nous convaincre que ce n'est pas juste une bonne idée.
Bonjour, je vais bientôt mourir, est-ce que vous avez pensé?
Non mais tu aurais pu faire un sondage en ligne, tu aurais pu...
Enfin moi ce que j'aurais fait, c'est que j'aurais été à la sortie d'un cimetière, j'aurais interrogé les gens, c'est pas facile, j'aurais dit est-ce que vous auriez aimé avoir ce service?
Je pense que c'est un bon moment, la délicatesse même.
C'est un bon moment, tu t'en souviens.
Bon, quand t'as fini de pleurer, j'ai deux questions.
En l'occurrence, je n'ai pas fait ce qui est proposé là.
Juste, par contre, d'un point de vue sectoriel, je peux répondre.
Il y a 10 000 agences de pompes funèbres en France.
C'est un marché de 2,5 milliards d'euros.
J'ai vu 15 pompes funèbres en physique en me rendant sur place.
Et j'en ai eu 25 par mail.
Désolé, ça fait un peu grandiloquent.
J'ai 100% des pompes funèbres qui veulent distribuer le produit une fois que je leur ai fait la démo.
Donc, tout en restant respectueux vis-à-vis du sujet, je pense qu'il y a une vraie opportunité.
Alors moi, je n'ai pas trop envie de vous parler de chiffres, ni de techno, ni de data.
Parce que je pense que votre proposition, ça pose une vraie question idéologique.
Donc l'aspect positif de votre projet, je pense, c'est qu'il essaie de démystifier la mort et à un moment donné de...
De contribuer au souvenir de vous défendre.
C'est positif.
Que vous changez un peu la façon dont on voit les cimetières, pourquoi pas?
La technologie évolue, donc il n'y a pas de raison que le cimetière reste fermé à la technologie.
Mais est-ce que votre invention, elle va quelque part aider les gens à faire leur deuil?
Ou pas?
Et c'est vrai qu'aujourd'hui, on a tendance à mettre sa vie en scène.
Est-ce qu'il faut mettre sa mort en scène?
Et est-ce qu'il faut rester là, présent, à travers des images, pour ceux qui doivent faire leur deuil?
Donc moi, si j'étais vous, je pense que vous tenez quelque chose qui est intéressant.
Y compris au niveau philosophique et sociétal.
Mais je ne suis pas sûre que vous l'ayez abordé de la bonne manière.
Donc c'est la raison pour laquelle je passerai.
Moi, je prolonge ce qui allait être dit.
Moi, j'ai beaucoup de mal avec le sujet, c'est pour ça que j'ai posé très peu de questions.
Et depuis le début, j'ai dans la tête une phrase de Gaston Berger qui dit« La mort est encore obscène, elle demeure en dehors de la scène».
Et je pense que dans ton concept, tu gommes une dimension essentielle qui est le recueillement.
En fait, quand tu vas sur une tombe, tu n'es pas face à une tombe.
Tu es face à des souvenirs, tu es face à une mémoire, tu es face à une manière, à la relation que tu as eue avec la personne qui se trouve dans cette tombe.
Chacun garde un souvenir différent.
Et c'est ça la beauté de la relation au recueillement.
Et là, je trouve que ton projet, c'est la négation même de ce qu'il y a de plus important au moment où tu vas aller enterrer quelqu'un.
En tous les cas, moi, c'est comme ça que je l'ai vécu, puisque j'ai un âge où j'ai dû enterrer déjà des gens, des gens qui m'étaient proches, même des gens qui m'ont façonné, que j'ai aimé, adoré, que j'ai pleuré forcément.
Et franchement, je suis content qu'il n'y ait pas eu de vidéo et que son invention n'ait pas existé à ce moment-là, parce qu'on n'a pas eu à débattre de savoir si on allait le faire ou pas.
Mais donc, je vais passer comme tu le comprends.
Et je trouve, par contre, que tu as un ton et une décence qui est tout à fait adaptée au thème.
Et je voulais quand même te remercier pour ça, parce que c'est un thème pas facile.
Mais comme tu le comprends, je suis totalement en opposition avec le projet.
Alors moi, je pense pareil, mais je pense que par contre, contrairement à nous, tu es dans l'air du temps.
Peut-être que les gens, après avoir mis leur vie en scène, vont se mettre à mettre leur mort en scène.
Et peut-être qu'ils vont continuer à exister après leur mort par du contenu digital qu'ils auraient pu prévoir avant.
Après tout, peut-être qu'on en est là et que les gens qui se recueillent en silence dans les tombes, ce ne sont plus les gens majoritaires et que maintenant ils veulent...
Alors dans ce cas-là, autant y aller complètement jusqu'au bout.
On pourrait même faire revivre tous les morts de manière digitale.
Parce que dans quelques années, on aura des hologrammes qui sortiront des tombes et tu pourras t'asseoir devant la tombe et voir le mec.
Enfin, tu vois, on peut aller jusqu'à faire revivre du contenu digital.
Est-ce qu'il faut vraiment partir dans cet univers-là?
Dans un endroit où normalement il y a du silence, il y a de la paix, il y a des souvenirs qu'on va devoir aller chercher.
Et c'est ça le recueillement et c'est aussi ça le deuil.
Ou est-ce qu'il faut rebalancer du barnum dans un cimetière?
Moi je ne suis pas sûr du tout, ça me dépasse un petit peu.
Donc pour ces raisons-là, je vais devoir passer.
Moi, je ne nie pas qu'il y a un business assez incroyable, extraordinaire de la mort.
C'est un business comme un autre.
Et donc, il y a forcément plein, plein de choses à faire.
Pour moi, un cimetière, c'est un des derniers endroits où on est à l'abri du smartphone.
C'est-à-dire aller me recueillir sur une tombe et si en plus il faut que je sorte un smartphone,
Moi, ça, ce n'est pas possible.
Je pense qu'effectivement, les choses évoluent.
Et peut-être que pour la génération TikTok, il faudra avoir ce type de code sur les tombes et que ce sera un gros business.
Et maintenant, indépendamment de tout ça, moi, je ne suis pas là pour financer des idées.
Ce que vous présentez là, c'est une idée.
Il n'y a pas vraiment d'exécution, il y a une vague recherche.
Effectivement, peut-être que vous voyez des gens intéressés, mais tout est à faire.
Tout est à démontrer.
J'ai besoin qu'il y ait déjà de l'attraction, du site d'affaires, des choses.
Et donc, principalement pour cette raison, sans juger du reste, je vais passer.
J'ai une phrase aussi qui me vient en tête depuis le début.
C'est une phrase de Schopenhauer qui dit« Toute innovation passe par trois stades.
Elle est d'abord ridiculisée, violemment combattue, avant d'être considérée comme ayant toujours été évidente.
Je suis étonné qu'il y ait eu autant d'ethnocentrisme de la part de mes amis du jury qui parlent de leur avis, de leur philosophie, de ce qu'ils pensent.
Parce que selon moi, un investisseur ne doit pas penser à ce qu'il a envie de faire.
Mais est-ce que cette solution peut apporter quelque chose au reste du monde?
Est-ce que des personnes, le marché,
peuvent tirer une émotion, tirer un bénéfice de ce que tu es en train de proposer.
Clairement, il y a un combat entre deux mondes, les anciens et la jeunesse.
Les anciens ne vont pas forcément comprendre pourquoi se mettre en avant, pourquoi avoir son iPhone à la main.
Mais les jeunes ne sont pas faits pareil.
Ils ont été élevés avec des équipements digitaux.
Ils ont été élevés en se mettant en scène.
Donc je trouve ça hyper cohérent et assez logique.
De finir comme on a commencé.
C'est un environnement qui est concurrentiel, il y a du monde, mais pour autant, les environnements et les verticales qui sont compliqués à adresser.
Il y a eu l'industrie du sex toys qui a eu beaucoup de mal à décoller, maintenant qu'il y a un carton.
C'est marrant parce que les business de la mort, le business du sexe, c'est des business que les gens ne veulent pas faire, ils ne veulent pas investir.
Et j'ai des amis qui sont dans ces verticales et qui me disent« t'imagines pas les difficultés qu'on a eues à lever de l'argent auprès d'investisseurs parce que soit ils se moquent de nous, soit ils rigolent, soit ils nous font des philosophies de comptoir sur ce qu'on devrait faire ou non.
Et c'est un peu ce qui t'arrive aujourd'hui.
Donc, pour ces raisons, moi, j'ai quand même envie d'essayer de t'aider.
Mais c'est vrai que ça va être dur à démocratiser.
Ça va être très risqué.
L'axe est à travailler.
À mon avis, il faut que tu revoies toute ta plateforme.
Et j'ai envie de te faire une proposition, mais qui va être différente de ce que tu nous as offert au début.
Parce qu'il y a énormément de risques.
Et je considère qu'à ce stade, il faut vraiment qu'on soit tous les deux dans le même bateau.
Et pour que je t'aide à être impliqué et à affronter toutes les moqueries, les avis différents et ce sujet qui est extrêmement clivant.
Mais c'est aussi ce que j'aime et c'est pour ça que chez Feed, on a l'habitude des sujets difficiles.
Quand on a commencé, tout le monde nous disait« Vous n'y arriverez jamais, de la nourriture en poudre en France, le pays de la gastronomie.
» Tous les bien-pensants qui m'expliquaient que je n'avais aucune chance, aujourd'hui, ils m'appellent pour travailler dans ma propre boîte.
Donc j'ai envie d'aller adresser ce marché avec toi.
Je peux te donner les 40 000 euros, mais avec 25% du capital.
Donc vous étiez venu pour demander 40 000 euros contre 10% du capital de votre entreprise.
Et Anthony vous propose donc les 40 000 euros, la somme que vous demandez, mais contre 25%.
Pour cette espèce d'idée que quand il y a de la résistance, il y a souvent aussi derrière quelque chose d'intéressant.
Et pour, je pense, cet état d'esprit-là, j'ai juste envie de dire oui.
Bravo.
Pour 25%, je suis vraiment ravi de te prendre en aventure.
Bravo, franchement.
Bonne ville.
Bien joué, bravo.
On va le faire.
Yes.
Bon, ben, à bientôt aussi, Pierre.
Sur ce, merci à tous.
Au courage de tourner.
Merci.
Et bravo encore.
It's so...
Super content.
Je pense que ça a du sens quand tu connais le parcours d'Anthony Bourbon, en l'occurrence, c'est-à-dire d'aller sur un truc où personne ne croyait qu'il pouvait y aller, etc.
Et puis juste de se dire, moi je bosse, j'ai du courage et ça va passer.
Donc en tout cas, ça fait super plaisir.
Et même les autres tours, je suis un peu surpris, je pense.
Je ne m'attendais pas à autant de résistance sur le sujet.
Je sais que la mort, c'est un sujet qui n'est pas facile.
Tout le monde avait une opinion là-dessus assez tranchée quand même.
Et au final, ça plus le fait que ça passe, c'est génial.
Je pense forcément à mon grand-père qui est en quelque sorte derrière l'idée parce que c'est lui qui m'a donné cette impulsion initiale.
Je pense évidemment à ma femme et à mon père qui m'accompagnent sur le projet aussi.